http://www.francevaleurs.org

Le billet de la semaine
Retour
Après une libération
23/07/2008
       Même si elle a paru à certains un peu trop médiatisée alors que, dans le monde, des milliers de prisonniers continuent à croupir ici ou là dans des goulags de jungle ou de béton, nous nous réjouissons de cette libération.
      Après l’écroulement du nazisme et l’implosion du système soviétique, cet évènement, de portée certes plus limitée, est l’un des signes qui démontrent qu’en dépit des apparences, le mal ne peut avoir le dernier mot.
***
      Vu du côté de l’héroïne, il confirme ce dont les déportés, les prisonniers d’Indochine et beaucoup d’autres héros avaient témoigné : il est possible de survivre dans les pires circonstances à condition d’avoir de la chance et d’être porté par une mystérieuse force intérieure. Elle est faite de courage, de patience, de dynamisme vital, sans doute aussi d’humour, le tout éclairé par un sentiment plus profond qui s’appelle la Foi dans le cas présent. (Il s’appelait l’amour de sa femme chez cet évadé de Sibérie des années 1943 qui a réussi à se retrouver vivant et libre en Iran au bout de plusieurs mois de calvaire.)
      Il est réjouissant de constater qu’en pareil cas, ce ne sont pas toujours les athlètes qui encaissent et réagissent le mieux . Ce sont souvent au contraire des personnes apparemment fragiles, ce qui exalte, s’il en était besoin, l’importance du mental, la primauté des forces morales et, pour les Chrétiens, la puissance de la Grâce.
***
       Vue du côté des pouvoirs publics, cette opération de contre guérilla souligne l’intérêt du secret et de la ruse ainsi que celui d’une préparation minutieuse soigneusement coordonnée entre les différents acteurs et échelonnée durant de longues semaines pour endormir les éventuels soupçons de l’adversaire. L’argent est souvent nécessaire pour acheter des complicités et des informations. Les moyens techniques sont essentiels, notamment les appareils d’écoute, de goniométrie et de transmission, mais ils ont besoin d’être servis et complétés par des hommes compétents, vigilants et capables de s’adapter instantanément à l’évolution de la situation.
***
      J’en tire deux conclusions.
       La première concerne la prétendue invincibilité des réseaux terroristes qu’on dit quelquefois fédérés par le haut. Certes, l’attaque du 11 septembre 2001 a prouvé la capacité de nuisance de cette sinistre nébuleuse mais la mobilisation mondiale commence à porter des fruits et des coups durs sont portés au terrorisme, sans tous atteindre la notoriété de la récente affaire colombienne… Ne désarmons donc pas et surtout ne pactisons pas avec le diable !

      La seconde concerne l’évolution de nos propres forces de défense et l’effort annoncé en direction du renseignement. Fabriquons certes des satellites et des drones, affinons nos systèmes de photographie, d’interception, de vision nocturne et de cryptage des données et des messages. Mais ne fondons pas toute notre architecture de renseignement de défense sur des machines. Elles portent en elles - mêmes leurs vulnérabilités ; la lutte du canon contre la cuirasse est éternelle et je vois, depuis 60 ans, les contre-mesures rattraper rapidement des mesures qu’on disait imparables…
      Laissons une place suffisante aux hommes - ceux de l’ombre et ceux qui combattent en uniforme. En particulier, gardons-nous d’exploiter un déplorable et inacceptable accident récent pour sacrifier une partie de nos combattants d’élite.
       Ce sont eux qui représentent notre meilleure sécurité contre les périls de demain.
JD
***


Retour