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Le billet de la semaine
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A propos de la fessée…
16/07/2008
      Mon journal m’apprend que l’Assemblée Européenne veut promouvoir une éducation sans violence, donc mettre la fessée hors la Loi.

       Je m’indigne qu’il existe des enfants martyrs, lesquels ne sont pas toujours détectés et signalés par l’entourage…. J’ai par ailleurs visité en prison bien des détenus condamnés pour avoir reproduit sur d’autres, dix ou vingt ans après, les odieux sévices dont ils avaient victimes dans leur jeunesse. Les professionnels de la délinquance savent que c’est, hélas, classique !

       Tout ce qu’on pourra faire pour promouvoir la dignité humaine dans la société, à commencer par la famille et l’école me paraît donc à priori à encourager…

       Ceci dit, gardons notre bon sens !

       La vie est un combat et, pour commencer, un combat contre soi-même! Un enfant a besoin, pour se construire, de tendresse mais aussi de butoirs, donc de contraintes… et les paroles, même patiemment répétées, ne suffisent pas toujours…

       J’ai vu, dans ma propre famille, à vingt ans d’intervalle, trois générations de charmants bambins de deux ans s’approcher de la prise de courant avec un air gourmand pour essayer d’y mettre leurs doigts… Une fois, deux fois, trois fois… ils sont arrêtés au dernier moment par le « Non » retentissant des parents… et ils recommencent jusqu’à ce que l’adulte leur donne une tape sur les doigts ou sur le postérieur… Ils hurlent ( de surprise et de dépit !) mais retiennent souvent la leçon…

       En face de fautes délibérées d’une gravité certaine (je me souviens notamment de ma signature imitée au bas d’un carnet scolaire et, ce qui aurait pu tourner au drame, d’un incendie volontaire dans la salle de jeu à quelques mètres du berceau d’un bébé…), j’ai vigoureusement fessé les coupables…
      Ils n’en n’ont pas été traumatisés pour autant, de même que je n’en avais pas souffert dans ma jeunesse dans un certain nombre de cas rares et exemplaires de la part de mes excellents parents….

       Je dis bien « rares et exemplaires », et surtout infligés sans cruauté, ni colère, ni énervement car c’est alors qu’on peut commettre des injustices en disproportionnant le châtiment à la faute.
***
      Depuis des années, je rappelle partout que, pour être équilibrée, l’autorité repose sur quatre pieds : la compétence, l’exigence, l’exemple et l’amour.
      Dans cette optique, je ne prétends certes pas, comme certains éducateurs anglais des siècles passés, que le châtiment corporel est l’un des éléments majeurs de l’éducation des enfants mais je crois que la fessée peut parfois être salutaire pour renforcer le signal « feu rouge ».
***
      Elevons certes nos enfants dans la tendresse, laquelle ne signifie pas mollesse. La vie ne leur fera pas de cadeau. Apprenons-leur à se lever le matin, à aller à pied à l’école, si elle est à portée de leurs petites jambes, et même à porter eux-mêmes leur cartable... Et, n’en déplaise aux soixante-huitards- apprenons-leur très tôt à obéir et à respecter les feux rouges, ceux de la rue et ceux de la vie en société. Or, on sait bien que la peur du gendarme (ou de la fessée) est le commencement de la sagesse…
Jean Delaunay


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