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Le billet de la semaine
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Pour une journée unique du Souvenir Français
19/03/2008
      Trois faits militent, me semblent-il, pour une remise à plat et une simplification des cérémonies visant à exalter le patriotisme et le devoir de mémoire des jeunes générations.

- D’abord, la volonté marquée par le nouveau Président, à l’Arc de Triomphe puis au Bois de Boulogne, le jour même de sa prise de fonction, de prendre à nouveau sérieusement en considération cette dimension de la cohésion nationale.

- Ensuite son idée, prolongeant la précédente, de confier individuellement à des enfants français d’aujourd’hui le souvenir d’un petit martyr de la Shoah. Les levées de boucliers qu’elle a entraînés ont été tels, venant de tous bords et justifiés par toutes sortes de raisons, qu’on semble d’ailleurs y renoncer.

- Enfin la grandiose cérémonie nationale qui vient d’être organisée aux Invalides à l’occasion de la mort du dernier survivant des combattants de la Guerre 1914/18.

       Or, sur le terrain, dans les villes et les villages, il faut reconnaître que nos commémorations n’ont plus guère de succès. Cela tient sans doute à l’affaiblissement du sentiment national né à la fois de la création de l’Europe, de la disparition progressive des générations qui ont connu la guerre et qui la prenaient donc au sérieux, et de l’éloignement apparent de la menace étrangère.

       Cela tient aussi, selon moi, au nombre excessif des dates de commémorations retenues officiellement : 11 Novembre, 8 Mai, Journée nationale de la déportation… La date supposée marquer la fin des hostilités en Algérie crée un problème supplémentaire, les uns retenant le 19 Mars, date officielle du cessez le feu, et les autres affirmant avec quelque raison que de nombreuses victimes étant tombées après cette date, il y a lieu d’en retenir une autre…

       Compte tenu de tout cela, ne faut-il pas profiter de l’apparente remise à la mode du devoir de mémoire pour choisir, dans le calendrier, une date unique, je suggère le 11 Novembre, qui s’appellerait par exemple la journée du Souvenir Français.

      Ce jour là, on rendrait hommage, entre autres, à tous ceux qui ont donné leur vie pour la Patrie.

      Cette formule aurait aussi le mérite de donner d’avantage de sens à cette estimable association qui porte aujourd’hui le même nom mais dont l’activité se limite en fait à l’entretien matériel des carrés militaires regroupant les tombes de soldats morts pour la France enterrés dans nos cimetières. L’expression «Souvenir Français» me semble mériter de recouvrir une notion autrement plus vaste que l’activité, d’ailleurs louable et nécessaire, de peinture et de désherbage.

       Aux Etats Unis, le « Mémorial Day » est un jour important où s’exprime admirablement le patriotisme Américain et le souvenir des morts pour la Patrie et la Liberté. Nous qui imitons si facilement et si fréquemment les mœurs et les pratiques d’Outre Atlantique, même quand elles sont vulgaires ou inadaptées à notre tempérament, nous pourrions utilement prendre à Arlington, à Ste Mère l’Eglise et dans d’autres hauts-lieux, des leçons d’entretien de nos cimetières…Nous ferions bien, surtout, de concentrer et de densifier nos diverses commémorations dans une sorte de « Mémorial Day » à la française, d’inscrire une date dans nos calendriers et dans nos cœurs :
La journée du souvenir Français.

Général Jean Delaunay, Président de France-Valeurs
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