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Le billet de la semaine
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FIER D'ETRE FRANÇAIS
29/03/2006
Par les temps qui courent, il n'est pas mauvais d'entendre un tel langage...et de s'en pénétrer.
Jean Delaunay

Fier d'être français: page 61

    « La France, c'est tout cela à la fois, disait de Gaulle en 1965, c'est tous les Français. Ce n'est pas la gauche, la France ! Ce n'est pas la droite, la France ! Naturellement, les Français comme de tout temps, ressentent en eux des courants. Il y a l'éternel courant du mouvement qui va aux réformes, qui va au changement, ce qui est naturellement nécessaire, et puis il y a aussi un courant de l'ordre, de la règle, de la tradition, qui lui aussi est nécessaire. C'est avec tout ça qu'on a fait la France. Prétendre faire la France avec une fraction, c'est une erreur grave, et prétendre représenter la France au nom d'une fraction, cela, c'est une erreur nationale impardonnable. (…) Je ne suis pas d'un côté, je ne suis pas de l'autre, je suis pour la France. »

     « Qui ose aujourd'hui proclamer en ces termes son patriotisme ?
On parle société. On n’ose même pas dire le mot Patrie, le mot France. On dit pays, c'est plus neutre
Ou bien l'on emploie jusqu'à la nausée les mots citoyens et République, parce qu'ils sont abstraits, qu'ils n'évoquent pas l'enracinement, la trame nationale, la patrie ; c'est-à-dire non seulement les principes, mais le sol, l'histoire et les paysages.
On est mondialisé, n'est-ce pas ?
On est de sa couleur, de son ethnie, de sa religion, de son penchant sexuel, de son quartier même.
Mais est-on de la France ? C'est-à-dire enraciné dans son histoire ?

     Fini, le temps - il y a seulement un quart de siècle, mais un saut immense - ou un candidat à la présidence de la République représentait sur ses affiches un village et son clocher !
     Cette France-là existe toujours, mais comme honteuse ; on ne parle pas d'elle.
Question de nombre d'habitants ? Plus nombreux ceux des banlieues que ceux d'Espalion, de Séguret ou de Sablet ? Clichy-sous-Bois, plus « médiatique » que Cabris ?
     Plus violents, ceux de certains quartiers ? On brûle plus de voitures dans la banlieue de Strasbourg qu'à Vaison-la-Romaine
     Et celui qui, aujourd’hui, incendie sur grand écran pèse plus lourd que le silencieux habitant d'un village oublié de la «France profonde ».

     Eh bien soit, abandonnons le mot patrie, accrochons-nous à notre fil identitaire, rejetons ce qui a uni la France à l’universel
     Soyons blacks ou blancs, gays ou hétéros, juifs ou musulmans, catholiques ou protestants, et plaçons notre carte d’identité française loin derrière nos cartes de crédit, nos photos de famille, notre bulletin d'adhésion à l'un des quelconques Conseils représentatifs !
     Et déchirons ces pages dans lesquelles Marc Bloch tramait ensemble la France et le monde :
« Je n'ai jamais cru, écrivait-il, qu'aimer sa patrie empêchât d'aimer ses enfants.
Je n'aperçois point davantage que l'internationalisme de l'esprit ou de la classe soit irréconciliable avec le culte de la patrie.
     Ou plutôt, je sens bien, en interrogeant ma propre conscience, que cette antinomie n'existe pas. C'est un pauvre coeur que celui auquel il est interdit de renfermer plus d'une tendresse.»
     Et pourtant cela est advenu. Pourquoi ? »

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