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Le billet de la semaine
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La mésange et les voyageurs
18/01/2006
     Je viens de relever le texte suivant dans la rubrique «Courrier des lecteurs» d’un quotidien.

« Une vingtaine de jeunes terrorisent 600 passagers dans un train. Avaient-ils des armes ? Je n'en suis même pas sûr. Cela fait une affaire politique. 20 jeunes qui terrorisent 600 personnes... On a oublié en France ce que voulait dire le mot courage. On a inculqué la peur aux français et ils sont incapables de réagir quoi qu'il leur arrive. Son patron l'agresse, l'Etat l'agresse, les publicitaires l'agressent, le jeune voyou de 15 ans l'agresse, et le français n'est jamais capable de réagir. Il est temps qu'il se lève pour dire STOP. Il est temps qu'il apprenne à dire NON. Il est temps qu'il retrouve le courage et le goût de se battre. Je veux bien que l'on s'écrase devant des bandits armés jusqu'aux dents. Mais, franchement, devant une bande de jeunes qui n'ont que leur gueule pour impressionner... Ce Nice-Lyon est pour moi le train de la honte. Pas en raison de l'agression qu'ont subie les voyageurs, mais pour le fait qu'ils ont accepté cela sans la moindre réaction. » 2/01/2006

      Je fais mien ce propos. Il me rappelle un minuscule épisode survenu dans mon jardin au printemps dernier. Mon petit-fils passait la tondeuse et approchait du nichoir où un couple de mésanges dépose ses œufs chaque année. Arrivé à quelques mètres du nid, le garçon (80 kg) fût violemment pris à partie par M. Mésange (30 grammes) qui battait des ailes à hauteur de son visage, en poussant des cris signifiant clairement : « Eloigne-toi, homme, laisse ma femelle couver en paix ! »

      Nous savons bien que, dans le règne animal, des réactions d’auto défense de ce genre sont normales et journalières. Comment se fait-il donc que nous ayons à ce point perdu ces réflexes de solidarité et d’aide mutuelle qui ont permis à nos ancêtres de survivre face au mammouth et à l’ours des cavernes ? On cite aussi le cas de voyageurs terrorisés à la vue d’un cutter qui ont laissé des loubards violer une jeune femme à l’autre bout du wagon. Les passagers du 3° avion du 11 septembre ont réagi tout autrement. Sentant qu’ils allaient de toute façon mourir, ils ont attaqué à mains nues les terroristes et réussi à détourner la trajectoire de l’avion-suicide qui devait s’écraser sur la Maison Blanche. Ceux là sont morts en braves et méritent que nous nous imprégnions de leur exemple, même si nous ne devons pas connaître, comme eux, de drame.

      Comment expliquer la lâcheté collective qui sévit actuellement ? Sans doute voulons-nous nous épargner le maximum de peine en recourant à la technique ! Sans doute, privilégions-nous abusivement la santé, la jeunesse et la beauté, en considérant la souffrance et la mort comme des accidents ! Sans doute aussi nous plions-nous trop aux lois de la mode, tremblons-nous trop devant ceux qui prétendent incarner le « politiquement et culturellement correct»!
      Prenons y garde. Notre armement nucléaire et nos compagnies de CRS seront bien incapables de nous protéger si nous ne commençons pas par nous prendre en charge collectivement et mutuellement, et si nous ne savons pas dire « Non » aux agressions, de quelque nature qu’elles soient.
      Pour préparer nos enfants à la rude vie qui les attend, incitons-les à pratiquer le judo et le rugby, mais surtout apprenons leur à résister, au sens noble, à « faire face » à l’adversité, même si apparemment, nous ne faisons pas le poids… comme la mésange !
Jean Delaunay
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